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Montag, 21. Mai 2012
Le LMD : Chemin pour moderniser notre enseignement ? PDF Drucken E-Mail
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Montag, 18. Februar 2008
1-

CONGRES CONSTITUTIF DE L'ASSOCIATION DES GERMANISTES

EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

LOME, 30 novembre - 1er décembre 2006


LE LMD : CHEMIN POUR MODERNISER NOTRE ENSEIGNEMENT ?

 

Maryse A. QUASHIE

Directrice

Direction des Ressources Pédagogiques

et de l'Innovation

Université de Lomé


  1. L'OBLIGATION D'ADOPTER LE SYSTEME LMD

Au seuil des années 2000, avec le processus dit de Bologne, l'Europe et donc la France décident de se mettre au LMD. Du coup l'Enseignement Supérieur d'Afrique Francophone, qui vivait jusque-là dans des liens très étroits avec le système français, se trouve brutalement confronté au défi de l'adoption du LMD, schéma d'enseignement supérieur en cours de mondialisation.

Quelle réponse donner à ce défi ? Faut-il simplement s'aligner sur le mouvement mondial ? N'est-il pas plus opportun d'essayer d'en tirer tous les avantages possibles pour l'enseignement supérieur en Afrique ? Et surtout n'est-il pas possible de transformer la réponse trouvée en opportunité de rendre l'Enseignement Supérieur africain plus attrayant, plus compétitif ?


  1. LE RESEAU POUR FAIRE FACE


C'est dans cette perspective qu'en juillet 2005, des responsables d'université du Bénin, du Burkina Faso et du Togo, se sont dit : « Pourquoi ne pas avancer ensemble dans cette aventure du LMD ? »

Quelques mois après, plus précisément le 11 octobre 2005, le Réseau pour l'Excellence de l'Enseignement Supérieur en Afrique de l'Ouest était créé entre les sept universités nationales du Bénin, du Burkina Faso et du Togo pour « promouvoir une nouvelle politique de coopération universitaire axée prioritairement sur la modernisation de l'offre de formation universitaire en vue de faciliter la mobilité et l'insertion professionnelle. ».

Aujourd'hui, en une année l'espace REESAO est devenu une réalité : en effet, des établissements de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Mali et du Sénégal ont rejoint le réseau. A ce jour le réseau compte donc quinze institutions de sept pays de la région ouest africaine. Cela correspond à un espace où vivent plus de deux cent mille étudiants, encadrés par plus de 4000 enseignants.

En même temps les structures de fonctionnement du réseau se mettent progressivement en place alors que trois axes de croissance ont été choisis et développés :

  • la mise en place de bases pédagogiques communes

  • l'aménagement d'un environnement technologique approprié

  • le développement d'un environnement sociopolitique favorable.

Cela a nécessité de multiples rencontres, conférences des présidents, séminaires interuniversitaires, ateliers de travail des responsables LMD et TIC... au fil de ces rencontres, un esprit REESAO est en train de s'établir.


  1. LE LMD POUR RENOVER L'UNIVERSITE


En quelques mois d'efforts pour mettre en place le LMD, les membres du réseau ont compris qu'ils étaient en même temps en train de rénover profondément leur système d'enseignement supérieur. En effet, en tentant de maximiser les opportunités de mobilité, les membres du REESAO se sont rendu compte qu'il est indispensable de revoir certaines pratiques de telle sorte qu'elles ne deviennent pas un frein à cette mobilité. Du coup il on a compris qu'il faut prendre la peine de :



Favoriser au maximum la réussite des étudiants


Cela doit se faire en multipliant les structures d'information et d'orientation à leur intention, en leur proposant de cheminer avec l'aide de conseillers académiques, en systématisant l'accueil des étudiants par les enseignants, en prévoyant des enseignements de remise à niveau pour ceux qui seraient en difficulté dans tel ou tel domaine, mais aussi en invitant les enseignants à :



Enseigner autrement et évaluer autrement


C'est-à-dire enseigner en se fondant sur l'usage des techniques pédagogiques modernes utilisant les ressources technologiques actuelles et en prenant les apprenants comme des acteurs adultes, responsables de leur formation ; c'est-à-dire évaluer primordialement pour valoriser et non pour sanctionner ou sélectionner ; ce qui signifie revoir tout le système d'évaluation et particulièrement multiplier la palette des outils d'évaluation.

Cela pousse les étudiants à



Etudier autrement


L'étudiant devient un apprenant actif grâce à un tutorat et une orientation individualisés, une initiation effective et continue à la recherche documentaire et à l'investigation scientifique, la mise à sa disposition de supports de cours, la multiplication des opportunités d'acquérir de l'expérience professionnelle avant la sortie de l'université


Cela signifie finalement :


Professionnaliser l'ensemble de la formation


C'est-à-dire axer toutes les formations sur les projets professionnels des apprenants par la définition : des objectifs et des activités d'apprentissage en termes de compétences, des contenus de la formation en adéquation avec le marché de l'emploi, de la professionnalisation en lien étroit avec l'auto-création d'emploi, d'un schéma de professionnalisation prenant en compte la logique des projets tutorés, l'alternance entreprise-université et l'évaluation des stages en crédits capitalisables.

Dès lors on comprend qu'il faut :


Gérer autrement


C'est-à-dire procéder à une réorganisation de la gestion et de l'administration universitaires par le traitement en amont des problèmes de gestion et de logistique des universités; la prise en considération des coûts de la mise en place du LMD; la réorganisation des services d'information, d'accueil et d'orientation des étudiants ; l'organisation d'un service de suivi du parcours individuel des étudiants; la mise en place de structures de gestion au niveau du département mais aussi du domaine de formation; la formation du personnel de gestion et d'administration .


C'est pour mettre en application ces axes stratégiques que les responsables du réseau ont organisé une série de rencontres interuniversitaires. Au cours de l'année 2006, cinq séminaires ont donc rassemblé des participants en provenance des universités du réseau pour des échanges en plénière, en ateliers, en panels, etc.

Etudier autrement (Ouagadougou, Janvier 2006)

Evaluer autrement (Lomé, Mars 2006)

Gérer autrement (Abidjan, Mars 2006)

Professionnaliser (Bamako, Juin 2006)

Enseigner autrement (Cotonou, Septembre 2006)





  1. LA MISE EN PLACE DES PARCOURS




A partir des axes de développement tracés au cours de ces rencontres, que se met progressivement en place les offres de formation des différentes universités du réseau avec comme idées forces :


  • L'importance accordée aux compétences


Dans le dispositif du LMD les formations sont conçues en parcours en fonction des compétences que la personne formée doit présenter à sa sortie de l'université. Ces compétences dépendent en fait des profils de formation puisqu'un profil de formation se définit comme l'ensemble des compétences que doit posséder la personne à former au départ et à la fin de la formation. Dans les parcours on ne forme plus les étudiants par discipline mais par rapport aux compétences qu'ils doivent démontrer à la fin de leur cursus universitaire.

 

Dans la mesure où le souci d'adaptation au contexte de la formation prédomine, les concepts de pluridisciplinarité et de transdisciplinarité guideront le montage des divers parcours de formation. Plus précisément l'offre de formation doit être conçue de façon transversale, associant plusieurs disciplines dans le cadre de diplômes pluridisciplinaires.




  • Le choix des contenus en fonction des profils de sortie,


Dans sa formulation, la compétence doit être centrée sur la tâche à accomplir et non sur les capacités sur lesquelles l'apprenant s'appuie pour réaliser cette tâche. Elle est également rédigée de façon à être évaluable, en particulier l'énoncé doit être suffisamment précis et opérationnel pour que deux enseignants puissent, sans se concerter, proposer une situation de même niveau pour évaluer l'apprenant.

Les compétences peuvent relever d'une seule ou de plusieurs disciplines, et donc atteindre un tel degré de généralité qu'elles deviennent transversales. On peut définir des compétences de base (dont la maîtrise permet à l'apprenant de réaliser d'autres apprentissages dans lesquels elles jouent le rôle de pré-requis) ou des compétences de perfectionnement (qui ne sont pas indispensables pour tous les formés).

 

  • La mise à dispositions d'instruments destinés à faciliter le travail de l'étudiant (plans d'études, sommaires de cours, supports de cours, etc.)



Cela correspond en définitive au choix d'une grande flexibilité, exigence de flexibilité et de diversification qui conduit à prévoir dans chaque parcours (chemin choisi par l'étudiant pour réaliser son projet de formation et son projet professionnel grâce à l'ensemble des UE qui lui sont proposées dans les différents domaines de formation) :



  •  
    • des compétences transversales UE OBLIGATOIRES


  •  
    • des compétences fondamentales UE OBLIGATOIRES


  •  
    • des compétences complémentaires UE OPTIONNELLES


  •  
    • des compétences laissées

au libre choix de l'étudiant UE LIBRES


  •  
    • des compléments aux pré-requis UE DE REMISE A NIVEAU



  1.  
    • Les UE obligatoires s'imposent à l'étudiant dès qu'il choisit un parcours : elles correspondent à la majeure. Sont aussi obligatoires les UE donnant à l'étudiant des compétences transversales indispensables pour tous les parcours (outils informatiques et mathématiques, langues, techniques d'expression, etc.)


  1.  
    • Les UE optionnelles sont organisées en une liste ou l'étudiant doit choisir obligatoirement certaines UE en complément de sa formation ; elles correspondent à la mineure ou à la spécialité.


  1.  
    • Les UE libres sont des UE indépendantes de la majeure que l'étudiant choisit selon ses goûts et intérêts, elles peuvent être choisies dans tout domaine.


  1.  
    • Les UE de remise à niveau sont des UE que l'étudiant choisit lorsqu'il lui manque des pré-requis ; elles lui permettent de se remettre à niveau ; elles ne sont pas créditées.


La flexibilité est encore facilitée par l'existence de passerelles permettant le passage d'un domaine à l'autre, d'un diplôme à l'autre.





  1. CONCLUSION



Les universités du REESAO ont en quelques mois de vie et d'efforts communs ont pu tirer deux leçons importantes de leur choix :


  • le réseau est une des meilleures solutions pour faire face à l'obligation d'adopter le système LMD car il permet de mutualiser les ressources tant humaines que matérielles mais aussi il constitue une chance de concevoir un système de formation valable dans un espace beaucoup plus large et donc offrant plus d'opportunités que celui d'un seul pays ;


  • l'adoption du LMD, lorsqu'elle est bien comprise constitue un véritable changement de mentalité, un autre vision de la formation universitaire : cela provoque alors une rénovation en profondeur de tout le système, de toute la vie universitaire.


En définitive, c'est en vivant le processus du passage au LMD que les universités du réseau savent qu'elles pourront vraiment développer des pôles d'excellence, ce qui rendra l'espace REESAO plus compétitif au plan africain et au plan mondial.


 

 


 
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